
Il était une fois,
quand le rêve se fait parole...
Contes'
Ana
Conteuse
Créatrice d'animations et de spectacles
Qui suis-je?
Je conte et raconte parce que
c'est moi.
C'est ma tradition.
J'ai reçu la parole et je la transmets.
Je conte pour créer un univers, pour le plaisir de voyager, de rêver, pour le plaisir d'accueillir.
Je conte pour partager ma richesse et pour recevoir celle des autres.
Je conte pour voir les yeux de ceux qui m'écoutent s'ouvrir grand, vers un autre monde.
Artisane.
Travailler la pierre, la pâte de verre, tailler, poser, gratter, toucher la matière brute, minérale, pour en extraire sa poésie, pour sublimer sa légèreté.
Prendre le temps, mesurer son poids et sa richesse. Patienter.
Se relier aux temps passés, à la tradition des églises, des temples grecs et des villa romaines.
Raconter l'histoire dans la pierre.
Le coeur ouvert, j'écoute.
Pour moi, la mort fait partie de la vie: c'est un passage.
Qui pourrait dire de quel coté est le seuil de la porte?
Est-il en dedans ou en dehors?
De ce coté-ci ou de ce coté-là?
La mort est un passage que je traverserai.
C'est une certitude.
Je n'ai pas peur de l'admettre.
Ça ne m'effraie pas d'en parler.
Merci à tous ceux qui m'ont inspiré et éclairé mon chemin
Alix Noble-Burnand - Dominique Pasquier
Manuel Gleyre - Stéphane Borel - La Compagnie du Petit Grimoire
Adriana Cavallaro
Conteuse
Petite, j’écoutais les récits de mon grand-père et encore ceux de mon papa: des récits de vie, des récits d’enfance, parsemés de rires et de souvenirs d’un autre temps, d’un autre monde… des récits d’un ailleurs qui est toujours le mien.
Leurs histoires se racontaient dans la douceur mélodieuse du dialecte paysan et, parfois, elles se mêlaient aux chants anciens et au rythme de la poésie populaire.
Petite, j'écoutais le chant de ma grand-mère et celui de ma maman. Les mélodies naissaient sur leurs lèvres tout naturellement, comme un souffle, accompagnant les travaux de la maison ou la préparation des repas.
Elles m'ont bercé, accompagné mes joies et mes tristesses et, par dessus tout, elles ont créé ce lien indéfinissable et vivant qui me relie aux anciens.

Voici mon héritage que je garde avec reconnaissance et partage avec beaucoup de plaisir.
Adulte, j’ai rencontré la conteuse et thanatologue Alix Noble-Burnand.
Elle a réveillé en moi la graine du conte qui s’est mise à germer, elle m’a appris à travailler (arroser, bêcher, sarcler, ôter les gourmands) mon « arbre » du récit qui continue à grandir.
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Mon pouvoir magique de conteuse: créer des images, aller au petit détail…jusqu’au petit bout de fil qui se défait et dépasse de l’ourlet du tablier de la grand-mère.
Dans mon répertoire il y a des contes merveilleux, des légendes et des histoires sages (mais pas toujours!), des contes d’ici et d’ailleurs, des mots magiques et du rêve.
Si j’étais un personnage de conte, je serais une fileuse, une paysanne, une tisseuse… pour attraper la parole qui n’a pas encore été dite, pour l’attacher à la trame du temps et faire naître les histoires.
Mosaïste

Faire: donner un corps de matière à ce qui émane de l'esprit.
Faire c'est "être ensemble".
D'abord, avec soi-même... puis, avec les autres: avec ceux qui nous ont appris à faire, qui nous ont transmis leur héritage, mais aussi avec la communauté qui partage la même émulation, le même élan.
Jeune, je faisais de la peinture. Plus tard, j'ai découvert la mosaïque.
Ce qui me fascine dans l'art de la mosaïque c'est le temps.
On ne peut pas "faire vite" dans la mosaïque. Le temps déploie sa mesure.
Tout d'abord, parce qu'il y a la matière: la pierre, la pâte de verre, ou encore le grès, la porcelaine ou d'autres matériaux moins conventionnels.
Ensuite, il y a les étapes: décalquer ou imaginer le dessin, le transposer dans la chaux (si l'on travaille selon la technique romaine), puis couper, ajuster, appliquer le ciment colle, nettoyer...
L'une des techniques que j'affectionne particulièrement est la technique romaine à la chaux: d'une part, pour le rendu final et, d'autre part, pour les possibilités d'expression artistique générées par l'imperfection naturelle de la coupe dans le marbre ou dans la pâte de verre.
Quand l'on travaille avec cette technique, l'on doit pouvoir planter les petits morceaux de pierre (les tesselles) ou ceux de verre (les smalti). Or, pour cela, il faut avoir du volume, une certaine épaisseur.
Alors, l'imperfection s'invite dans le travail: chaque tesselle a une variabilité propre, son unicité et, du fait, elle accroche la lumière différemment.
Chaque petit morceau trouve sa place unique, déterminée par celle de autres.

L'œuvre final comporte, ainsi, une dimension concrète, matérielle et encore une autre, plus subtile: les manques, les interstices, le reflet de la lumière, les ombres.

De plus, dans la réalisation de cette technique romaine, il y a une étape que j'aime appeler "la mise en tombeau".
Afin de détacher le travail en marbre ou en verre de son lit de chaux éteinte, le mosaïste superpose 2 ou 3 couches de tarlatane sur le coté face de son œuvre et applique également plusieurs couches de colle animale.
Il laisse tout sécher avant d'arracher la tarlatane qui emportera avec elle, toutes les tesselles, dévoilant la face cachée du travail.
J'imagine cette étape technique comme une "mise en tombeau", métaphore qui illustre, selon moi, la mosaïque couverte par la tarlatane comme par un linceul diaphane.
L'oeuvre est là, quasi finie, mais cachée. Pour la révéler, il est nécessaire de l'arracher à son réceptacle. Elle dévoilera tout d'abord ses aspérités, le coté brut, couvert d'impuretés.
Elle devra être nettoyée, puis elle recevra un autre support avant qu'elle puisse ressusciter et apparaitre dans toute sa beauté (pourtant, déjà présente).
Cela réveille votre curiosité?
Si vous aimeriez en savoir plus sur ce art, n'hésitez pas de me contacter.
Je serais heureuse d'ouvrir les portes de mon espace de création aux Ateliers de Bellevaux, à Lausanne.
Vous me trouverez également à l'exposition des Métiers d'Art Dévoilés avec Start'Mosaïque.

Thanadoula
La thanadoula ou doula (de fin) de vie
du Thanatos, dieu de la mort dans la mythologie grecque
et doula, signifiant "servante", "travailleuse"
Si la doula de naissance assiste l'arrivée de l'homme dans ce monde-ci, la thanadoula serait celle qui l'accompagne dans le cheminement vers l'autre naissance, celle dans l'au-delà.
La thanadoula n'est pas une experte, ni une officiante, ni psychologue, ni soignante dans l'acception médicale du terme (elle ne soigne pas - elle prend soin).
Elle est une compagne sur le chemin de la vie - une vie qui se dirige vers l'autre monde.
Elle ne porte pas celui qui s'apprête à faire face à la mort, elle ne porte pas celui qui traverse le deuil... chacun devra entreprendre ce parcours par lui-même.
L'accompagné et l'accompagnant voyagent côte à côte, chacun sur son chemin: leurs sentiers se sépareront devant le voile d'entre les deux mondes... mais, jusqu'à là, la thanadoula est présente et présence, elle guide, pose des balises et témoigne.
Elle aide son prochain à accueillir ce qui est, comme il l'est, dans un esprit ouvert, sans jugement, ni projection ou attente, dans "l'esprit-qui-ne-sait-pas" (Frank Ostaseski).
La vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais plutôt un chemin escarpé, parsemé d'apprentissages, de croisements de route et de ponts qui font tout autant de passages, de moments de mue où il faut laisser derrière le vieux soi pour pouvoir avancer et grandir.
Dans les sociétés traditionnelles, ces moments de passage - comme la naissance, la puberté, le mariage ou la mort - étaient accompagnés par des membres de la communauté investis d'une fonction bien spécifique. On les appelait sages, anciens, sages-femmes, accoucheuses, officiants, prêtres, pleureuses, chamans etc.
Ces initiés étaient détenteurs d'une sagesse nourrie par la tradition et la transmission directe, englobant non seulement le savoir proprement-dit, mais aussi le respect des rites, la connaissance des mythes et des coutumes qui, elles, prenaient en charge de manière symbolique les aspects sociaux, physiologiques et psychiques du nouveau-né, du jeune pubère, du couple marié, de la mère, du père, du mourant, de la famille et de la communauté dans son ensemble.
Si je me sens perdu, ma mère est là.
Elle témoignera de celui que j'ai été et imaginera celui que je pourrais devenir.
Si je me sens perdu, ma communauté est là.
Elle saura me porter quand je n'aurai plus de force et elle témoignera de ce que j'ai traversé.
Si je me sens fragile, vulnérable ou écorché par ma mue, je serai entouré.
Les miens soigneront mes blessures, les miens essuieront mes larmes et m'accueilleront à la fin du chemin. Me reconnaîtront comme l'un des leurs.
Mais si je me serais tant éloigné de ma mère, de mon père, de ma communauté, des miens... qui pourra me retrouver?
Qui pourrait me reconnaître quand, moi-même, je ne me reconnaîtrai plus?
Comment retrouverai-je ma mémoire? Comment retrouverai-je ma maison?
Le progrès des sociétés modernes a un prix: la perte de repères culturels et religieux, la sécularisation, l'individualisme, la perte des traditions, des mythes et des rites.
Pourtant, moderne ou pas, l'homme traverse depuis la nuit des temps les mêmes passages de la vie que jadis: naissance, puberté, mort. Cela est immuable.
Néanmoins, dans notre civilisation profane, il le fait, par défaut, sans balises, sans repères... et son angoisse devant l'inconnu et devant le mystère de ce qui est de l'autre coté du seuil ne fait qu'accroître.
En 2024 j'ai rencontré la conteuse et thanatologue Alix Noble-Burnand.
En premier temps, à travers l'émission 19h30 où elle présentait le Toussaint's Festival et l'Association Deuil'S.
Même fortuit, ce premier contact a été pour moi le "déclic" (rien n'arrive par hasard!).
Il faut dire que je m'intéressais déjà au sujet de la mort... ou, plutôt, au sujet du sens de la vie. J'avais été marquée par quelques lectures qui m'ont profondément nourri, comme les études et les témoignages de Stéphane Alix, Eben Alexander, Anita Moorjani, Nicole Dron, ainsi que par tout une série de videos sur les EMI (Expériences de Mort Imminente), sans oublier les deux enquêtes sur le sujet, révélées au grand public par l'émission Temps présent le 25 février et le 4 mars 2021.
Puis, tout s'est enchainé: plusieurs stages et formations dans le domaine des funérailles et de l'accompagnement de deuil, que je vous laisse découvrir dans mon CV, sur la page Bio.
La mort m'intéresse.
Me questionner sur le sens de la mort c'est - pour moi - chercher à comprendre le sens de la vie et je pense sincèrement que ce sens (à la fois "direction" et "valeur") se construit en cheminant.
Quant a la mort, "elle vous dépouille de tout ce que vous n'êtes pas" (Eckhart Tollé).
Ma rencontre avec la Mort
Je ne me souviens pas quand cela a commencé - la peur de la Mort.
Ce que je sais c'est que je devais avoir 6 ou 7 ans et que cela a duré...duré...pluiseurs années: la fuite, l'évitement, la crainte, l'angoisse.
Chaque été, ma cousine et moi allons à la campagne chez les grand-parents, dans un village situé au nord-est de la Roumanie, en Moldavie.
Les maisons, construites pour la majorité en brique de terre crue séchée au soleil, grimpent les unes à coté des autres sur la colline qui ondule, suivant sagement le chemin poussiéreux en terre battue. La nôtre est tout en haut, sur le monticule, parmi les dernières. Ensuite il y a les champs. Puis, plus loin, les pâturages et la forêt.
Nous descendons du bus à l'arrêt, devant l'Office de Poste communal. Maintenant il faut parcourir le village. La maison est encore loin, à quarante minutes de marche.
Mais tout en bas, au pied de la colline, juste là, à l'entrée du village, sur la gauche:
le cimetière!
Il faut passer à coté: il n'y a pas d'autre chemin!
Le cimetière me paraît un monde à part, avec sa chapelle peinte en gris, avec ses grands sapins qui entourent - comme dans une embrassade - les tombes et leurs croix en metal ou en bois vieilli et patiné par le temps.
Parfois une croix fraîche, tout blanche, surgit à coté des autres: une nouvelle âme a rejoint le village de sous-terre.
Le cimetière est un jardin verdoyant et fleuri: des cosmos, des roses, tulipes, narcisses s'élancent vers le ciel et nous attirent.
Mais, ma cousine et moi sommes averties: il ne faut pas sentir l'odeur de ces fleurs de la mort! Sinon... sinon nous perdrons le sens de l'odorat à tout jamais!
Il y a des nombreux "il ne faut pas" et nous les connaissons bien: ne pas regarder en arrière, ne rien laisser tomber par terre et - surtout! - ne rien ramasser, ne pas rigoler.
Alors, le cimetière nous semblait être un endroit dangereux: il fallait faire attention! On ne pouvait pas y pénétrer le cœur léger, comme si de rien était.
Et, pour éviter ce péril, on n'y allait pas ou... rarement et seulement accompagnées par nos anges gardiens, les grand-parents.
N'empêche, que pour aller les retrouver tout en haut de la colline, pour rentrer à la maison...il fallait bien passer à coté de la porte en metal avec des ornements et de volutes ... il fallait bien ignorer le chant de la tourterelle que nous appelions "guguștiuc" [gougouchtiuc] qui nichait dans les grands sapins, un chant qui - pour nous - était forcement de mauvais présage... il fallait bien échapper à ce souffle frais qui émanait des arbres et qui nous glaçait le sang.
On courrait pour se dérober à tout cela. On courrait sur le chemin, évitant même l'ombre de ce lieu sinistre, cherchant le soleil, les maisons, les bruits de la campagne.
La peur de la mort pour moi - à cette époque là - n'était pas la peur du mort. D'ailleurs, je n'avais encore jamais vu de corps sans vie. Mais c'était bien la peur de LA Mort.
La Mort laissait derrière elle une impression d'étrange, que même la promesse de la Résurrection ne pouvait l'enlever. Elle pénétrait dans mon imagination par tous les sens et, si c'était de lui donner une forme, elle m'apparaissait telle qu'on la représente le plus souvent: un squelette décharné, avec sa cape noire et sa faux.
Puis, j'ai grandi.
Chez moi, en ville, j'allais à l'école. Chez moi, à la maison, j'avais une bibliothèque et dedans, des livres de toutes sortes. Parmi eux j'ai fait une découverte: l'atlas d'anatomie de ma mère.
J'étais fascinée. Il y avait de nombreux dessins qui attisaient ma curiosité: avant tout, les pages sur l'appareil reproducteur - un sujet tabou dans ma famille - puis les planches sur l'appareil circulatoire, les organes et... le système osseux.
Le crâne et le squelette qui - plus jeune - me faisaient tant peur ne parlaient plus a mon imagination, mais plutôt à ma raison, à ma pensée analytique.
Je comparais, cherchais à comprendre, à identifier.
Je me souviens ce jour-là.
Dehors il faisait beau. J'étais assise dans le salon, derrière les rideaux qui filtraient la lumière du soleil et habillaient la chambre d'une couleur chaude. Le livre ouvert devant moi, je regardais les images, je palpais mon visage: l'os frontal, les orbites, la mandibule, le maxillaire et leur jonction que je faisais bouger en ouvrant la bouche, l'os nasal et les zygomatiques, puis les clavicules, les omoplates...
J'étais cérébrale.
Quand, tout à coup... mes mains se sont arrêtées! Mon corps s'est figé, surpris par une sensation de froid (d'effroi?) qui m'a traversé sans crier gare.
Une révélation: la Mort, celle que je craignais petite, celle qui me glaçait le sang, celle que je fuyais, était bien LÀ, plus près que près! Elle était à l'intérieur de moi. Je la portais.
La Mort, ce squelette décharné...il me portait aussi!
Il m'a fallu du temps pour intégrer cette vision.
La Mort est ici. Elle est en nous.
La Mort est ma compagne, autant que l'est la Vie.

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